Biographie

Serge ESSAIAN      

1939 - 2007

Peintre, graphiste, sculpteur              

Serge Essaian est né à Moscou en 1939. Son père, Aramais Mikhaïlovitch, journaliste, est arrêté en 1938 et meurt au Goulag. Sa mère, Serafima Teodorovna, médecin pédiatre, fut responsable, durant ses dernières années, de la polyclinique Morozovskaïa à Moscou.

Il rentre à l’Institut des Beaux-arts en 1954. D’abord à l’Institut d’art polytechnique de Moscou (MKhPOu im. Kalinina), qu’il quitte un an plus tard pour intégrer l’Institut d’art de la mémoire de 1905 (MKhOu im. pamjati 1905 goda). Il en sort diplômé en 1960. Parallèlement il suit des cours de scénographie à l'Institut National des Arts du Spectacle (GuITIS). Ces années furent celles de l’engouement passionné pour l’avant-garde (poésie, musique, théâtre), pas uniquement russe.

Après la fin des études il travaille quelque temps dans des ateliers de restauration, donne des cours de dessin et de peinture, ainsi que des cours d’anglais.

En l’absence d’atelier, son travail d’artiste est alors mené à son domicile. C’est la période d’œuvres de petit format qui ont été présentées en 1965 lors d’une exposition personnelle à l’Institut des problèmes physiques à Moscou (entre autres les séries « Le Maître et Marguerite » et « Les trompettistes rentrant dans la ville »).

De 1968 à 1975 il travaille en tant que rédacteur de l’une de la rubrique de magazine Art décoratif de l’URSS (Dekorativnoe Iskousstvo SSSR).

En 1973 son exposition personnelle se tient dans le salon d’art, Boulevard Sirenevyï, à Moscou. Y sont exposées, entre autres, les toiles « La tour de Babel », « Faubourg », « Une beauté devant le miroir », « Mariage juif » (huile sur bois).

Au début des années 1970 il aménage un atelier dans un sous-sol d’un bâtiment du Petchatnikov pereoulok, qu’il occupera jusqu’en 1978. Là furent créées des séries de dessins, toiles et sculptures sur les thèmes « Le fils prodigue », « Le concert », « A l’atelier », « La plage », « Les figures dans le paysage », « Les trompettistes », « Les apôtres », « Le matelot et la putain », « Les pendus ».

En 1978, il dépose une demande d’émigration, perd son atelier et travaille, jusqu’à son départ de l’URSS, dans un atelier amicalement prêté par I. Petrov. Il y réalise les séries de cartons « Les couvertures », « La figure sortante », la série des natures-mortes « Les poissons », les séries d’assemblages « La figure sortante ».

En janvier 1979 Serge Essaian émigre de l’URSS. A Vienne, où il reste six mois, il poursuit le travail interrompu. Les séries réalisées durant cette période, « Les paravents », «Les dos », « Le chemin de croix », ont été montrées lors de son exposition personnelle en mai 1979, à la City gallery à Vienne.

En juin 1979 Serge Essaian arrive à Paris, où il habitera et travaillera jusqu’à la fin de sa vie.

Les séries « Paysages » et « Repas », peintes en 1980 dans l’atelier qu’il occupe alors à Montparnasse, ont été exposées à la galerie Art et Décoration, à Paris. La même année il participe à la biennale des Arts graphiques au Touquet, où il obtient une médaille d’or. Il expose ensuite ses œuvres à la galerie d’Art Moderne Le Point à Monte Carlo et la galerie ACAP au Touquet.

En 1982, à la demande du théâtre suédois Schahrazad teater, il réalise les décors et les costumes pour le spectacle « Doktor Dapertutto », puis « Le syndrome de Robinson » (pièce d’Alexis Khvostenko). Suivront, durant la deuxième moitié des années 1980, d’autres collaborations avec les théâtres suédois : décors et costumes pour l’opérette « La cage des vierges » à Saffle, l’opéra-ballet « Balagantchik » pour l’opéra royal de Stockholm, ainsi que l’opéra de Hans Werner Henze « La chatte anglaise » à Karlstad.

Parallèlement à ce travail théâtral furent réalisées les séries d’œuvres « Plongeurs » et « Baigneurs ».

En 1989 une exposition personnelle « En attendant Charlotte Corday », se tient à la galerie Anita Falber à Baden, accompagnée du livre du même nom. La même année, lors d’une exposition à Cologne à la fondation Boden, Oppenhof & Schneider, il expose la série « L’enlèvement d’Europe ». En 1990 la galerie Oberlin à Strasbourg présente « Essaian à la mer ».

En 1991, l’artiste obtient un atelier municipal près du parc des Buttes-Chaumont. C’est là que furent réalisées les séries « Figures assises », « Voyages » (exposition à la galerie Euros, à Mulhouse en 1993), « Joggers » et « Marathon ».

Lors de l’exposition « Les gouverneurs, leurs poètes et leurs amantes » (Galerie Axia, à Londres en 1995) il présente les séries « Intérieurs », « Good Morning », « Chambres », ainsi que les reliefs « Les murs de la ville ».

La série « Têtes » - peintures et sculptures - est exposée à la galerie de Buci, à Paris en 2000.

En 2002, une exposition rétrospective est consacrée à l’œuvre de Serge Essaian au Musée russe de Saint-Pétersbourg.

De 2003 à 2005, il travaille sur la « Maison » et « Les vues » - projet conceptuel, qui a donné naissance à son dernier ouvrage, Maisons, vues, gens, édité en 2006.

Les dernières œuvres de Serge Essaian - les séries de « Fenêtres » et de « Losanges » - ont été réalisées en 2006.

 

 

 

 

 

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